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EXPOSER ECO-RESPONSABLE : de nouveaux formats pour de nouvelles pratiques

 
 

Programmer des expositions ou des activités traitant de la crise du climat, de l’environnement et de la biodiversité est une chose mais l’incarner dans ses pratiques est une autre histoire. Centrales à l’activité de la culture, les expositions ont une empreinte carbone que l’on ne peut plus ignorer. Aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs culturels travaillent vers une économie circulaire des expositions temporaires. Pour guider la culture dans cette transition, les alternatives commencent à être listées et expérimentées. 

Lors de la conférence organisée par Museum Connections qui se tiendra les 20 et 21 janvier 2021 « Exposer éco-responsable : de nouveaux formats et de nouvelles pratiques. » les intervenants proposeront des solutions pour la production d’expositions respectueuses de l’environnement qui peut passer par l’évolution des formats, leur durée ou trajets, les matériaux utilisés, adopter certains labels ou nouvelles pratiques.

Un grand musée français émet environ 9.000 tonnes de CO2 par an, soit environ l’empreinte annuelle de 800 français. 

Depuis la Loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, l’Etat entend accélérer le changement des modèles de production et de consommation afin de réduire les déchets et préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat. Elle s’inscrit dans la mise en œuvre de la charte de l’environnement de 2004. De nouveaux objectifs de réduction des déchets sont fixés d’ici 2030 :  -15% de déchets ménagers par habitant et -5% de déchets d’activités économiques. Les musées vont donc devoir s’adapter à ces nouvelles mesures, certains sont bien engagés dans cette problématique.  

Les intervenantes lors de cette conférence seront : 

  • Marguerite Courtel, modératrice de la conférence, appartient au collectif Les Augures créé en début d’année, pour accompagner le secteur culturel français dans leur transition écologique.

  • Julie Bertrand, Directrice des expositions et des publications, Paris Musée (France)

  • Céline Marchand, Chargée de mission auprès de la Direction générale / Cheffe du pôle Relations internationales chez Paris Musées (France)

  • Milda Ivanauskienė, Directrice du MO Museum à Vilnius (Lituanie)

 
 
 

EXEMPLE N°1 : LES DÉMARCHES ÉCO-RESPONSABLES AU SEIN DU RÉSEAU PARIS MUSÉES

 
 
 
 
 
 

 
 
 

la première solution en matière d’éco-responsabilité passe par la réutilisation des objets et du mobilier de la scénographie. Cette réutilisation est régulièrement maintenant incluse dans les marchés pour forcer à la réflexion d’une scénographie utilisant un matériel déjà existant.

Cette réutilisation n’est pas forcément un frein à la créativité puisque les univers de chaque expositions peuvent être différents comme cela a été le cas au Petit Palais où une seule scénographie a été réalisée pour 3 expositions avec 3 univers complètement différents. 

– Mise en place d’un critère de développement durable dans le choix des prestataires. 
– Une réflexion sur le don y est également entamée, afin de diminuer encore un peu plus les déchets, l’idée étant de passer par le don auprès d’associations pour les objets qu’il n’est plus possible de réutiliser. 

Paris Musées travaille sur d’autres actions à mener, par exemple mettre en place des lieux de stockage du mobilier réutilisable, organiser un inventaire systématique du mobilier de chaque musée, mener des réflexion sur le transport en mutualisant par exemple la programmation ou en mettant en place des partenariats, mutualiser les convoyeurs ou inciter les institutions à proposer des caisses de transport en location…

 
 
 

EXEMPLE N°2 : LES BONNES PRATIQUES DU MUSÉE GUGGENHEIM DE BILBAO

 
 
 
 
 
 

 
 
 

Le musée Guggenheim de Bilbao est un exemple de bonnes pratiques en matière de développement durable, il applique notamment la règle des 3R

  • Réduire les besoins de l’exposition : le nombre de convoyeurs, le mobilier scénographique …
  • Réutiliser les caisses, murs, socles, et matériel scénographique. Le musée a demandé à tous les prêteurs la possibilité d’utiliser des caisses réutilisables, cela a été possible dans 15% des cas.
  • Recycler les matériaux

Et en bonus la recherche sur les nouveaux matériaux, les normes et technologies.

Le musée a par exemple modifié tous ses éclairages en passant de l’halogène au led. Un processus mis en place sur de nombreuses années et un investissement important, mais qui grâce à la réduction de l’énergie ainsi que de la maintenance, est remboursé en 4 ans et demi. 

Le musée applique également les règles de l’ICOM qui impose d’adapter les températures de l’extérieur à celles intérieures. 

 

 

EXEMPLE N°3 : LES FOIRES D’ART CONTEMPORAIN ORGANISENT LEUR MUE

 
 
 
 
 
 

 
 
 

Pour les foires qui par essence sont très énergivores (beaucoup de transport sur peu de temps), le problème est d’autant plus d’actualité. Sans compter que les œuvres circulent dans des caisses perfectionnées, conçues pour un seul usage. Et qu’à la fermeture des expositions, les coûteuses vitrines et installations sont souvent jetées à la benne.

Les grandes foires assurent relever le défi : à Paris, la FIAC (Foire internationale d’art contemporain) se targue ainsi d’avoir recyclé 44 % de ses déchets en 2019.

Art Basel a financé « une compensation carbone » lors de son édition en décembre 2019 à Miami. Un mécanisme qui permet de financer des projets vertueux pour tenter de contrebalancer en partie ou totalement leurs émissions de CO2.

 
 
 

UN SUJET EN RÉFLEXION CONSTANTE

 
 
 
 
 

Lors des Journées européennes du Patrimoine, L’Institut national d’Histoire de l’Art a accueilli la remise du prix du Quotidien de l’art des internautes, qui a récompensé le mémoire d’Élise Vassiliadis-Poirey ayant pour sujet « Une exposition temporaire et durable est-elle possible ? Une revue raisonnée des pratiques de l’éco-conception » 
Dans ses recherches l’étudiante établit que la production d’expositions temporaires est l’une des activités des musées qui pollue le plus. Dans une exposition temporaire les 3 facteurs les plus polluants sont, dans l’ordre : le transport des visiteurs, le transport et l’emballage des œuvres, et la scénographie. Après avoir rencontré divers chargés d’exposition ou de responsables développement durable, Elis Vassiliadis-Poirey établit une exposition type, avec des mesures permettant de limiter la perdition énergétique : privilégier le train à l’avion pour le transport des œuvres, réutiliser la scénographie, ou encore repenser la durée des expositions. 
Il apparait au final nécessaire de sensibiliser les professionnels sur ce qu’il est possible de faire, et de casser les idées reçues : une exposition éco-conçue ne coûte pas plus cher.